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Est-ce vraiment interdit d'utiliser un détecteur de métaux en France ?

En moins de 5 semaines, c'est deux reportages de plusieurs minutes qui ont été diffusés sur France 2 et TF1, ils mettent en évidence des actions de pillages ou les auteurs ont utilisé un détecteur de métaux.

La tension est palpable un peu partout, les groupes Facebook francophones bouillonnent d'interrogations et d'avis ou chacun tente de faire passer son point de vue sur la situation et les raisons possibles à cette chasse aux sorcières. Des créateurs de contenus et autres influenceurs qui étaient en partenariats avec des boutiques françaises disparaissent ou expliquent qu'ils ont été approchés par la justice ou la D.R.A.C. Découvrez dans cet article, le point sur la situation en France et les choses à savoir avant d'acheter son détecteur de métaux !


Que dit vraiment la loi et que trouve-t-on sur Google ce 23 janvier 2023 ?

Peut-on détecter en France ?
Peut-on détecter en France ?

Quand on fait une recherche sur Google avec "Est-ce vraiment interdit d'utiliser un détecteur de métaux en France? Le premier résultat est une page officielle du gouvernement français. L'extrait optimisé par Google et visible sur la première page de recherche nous précise ceci :

"L'utilisation des détecteurs de métaux à des fins archéologiques est conditionnée à l'obtention d'une autorisation préfectorale. La loi du 18 décembre 1989 a soumis à la double autorisation de l'État et du propriétaire du terrain l'utilisation des détecteurs de métaux à des fins archéologiques."


Pour avoir plus d'information, il faut cliquer sur le lien pour tomber sur une page qui contient quelques précisions.


Juste en dessous du texte de loi, nous y trouvons ce paragraphe :

Cette réglementation a pour objet de protéger les gisements archéologiques, car ceux-ci ne livrent des informations historiques complètes que s’ils n’ont pas été altérés.

Dès que l’on entreprend des recherches à l’aide d’un détecteur de métaux, le signal émis en présence d’un objet métallique incite à creuser le sol pour le dégager, ce qui l’isole de son contexte archéologique. On perd ainsi toute possibilité de le dater grâce à la stratigraphie et de tirer des conclusions à partir de la disposition des objets dans les couches archéologiques. L’acte de creuser est assimilable à une fouille non autorisée et donc susceptible de poursuites au titre du code du patrimoine et du code pénal.


La détection n'est pas un loisir.


Voilà de quoi refroidir plus d'un adepte des activités en plein air du dimanche qui avait dans ses projets 2023 de s'équiper d'un détecteur de métaux.


Pourtant, quand on prend la peine de lire en détail cette page, du début à la fin, on précise bien à chaque instant "à des fins archéologiques".

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La dernière phrase "La Détection n'est pas un loisir" est un peu là comme le dernier coup de hache donné à monsieur Wallace après avoir hurlé pour la dernière fois liberté devant ses amis !



Pourtant, tout comme le précise David Pribilinec, le fondateur du premier club de détection 100% légal en Belgique (Spera-Belgium), il est nécessaire de trouver les moyens de définir officiellement "la détection de loisir". David la définit comme étant l'utilisation d'un détecteur de métaux avec l'autorisation du propriétaire sans recherche historique préalable".


Il faut dire qu'en Belgique, nous sommes chanceux car nous bénéficions d'un permis de détection qui se renouvelle chaque année et que nous permettent de déclarer les objets retrouvés (mobiliers gris) par un prospecteur seul ou en groupe. Bien que nos amis français peuvent demander le permis de détection pour venir rejoindre le club Spera en Belgique, ce type de législation n'est pas (encore) disponible en France.

En indiquant noir sur blanc que la détection n'est pas un loisir, le site du gouvernement semble prendre une position, mais sans pour autant préciser si cela reste dans le cadre de recherche à des fins archéologiques.


Il est intéressant de présenter également une question qui fut posée à l'Assemblée nationale en 2006 qui est disponible à l'adresse suivante : https://questions.assemblee-nationale.fr/q12/12-102655QE.htm

12ème législature

Question N° : 102655

de M. Le Mèner Dominique ( Union pour un Mouvement Populaire - Sarthe )

QE

Ministère interrogé :

culture et communication

Ministère attributaire :

culture et communication

Question publiée au JO le : 29/08/2006 page : 8963

Réponse publiée au JO le : 12/12/2006 page : 12978

Rubrique :

patrimoine culturel

Tête d'analyse :

protection

Analyse :

détecteurs de métaux. utilisation. réglementation

Texte de la QUESTION :

M. Dominique Le Mèner attire l'attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur la réglementation actuelle d'utilisation des détecteurs de métaux. La loi n° 89-900 du 18 décembre 1989 prévoit notamment à l'article 1er que « nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d'objets métalliques, à l'effet de recherches de monuments et d'objets pouvant intéresser la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie, sans avoir, au préalable, obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur ainsi que de la nature et des modalités de recherche ». Cette réglementation tend à protéger le patrimoine français des prospecteurs sans scrupule qui visent un but lucratif. Or, force est de constater que de plus en plus de détecteurs se vendent chaque année à des passionnés de nature et d'histoire qui prospectent paisiblement mais donc illégalement. Et nombreux sont les découvreurs de « trésors » qui, par peur de sanctions, hésitent à déclarer leur découverte. Il souhaiterait ainsi savoir si le Gouvernement entend assouplir les dispositions relatives à l'utilisation des détecteurs de métaux pour permettre à des amateurs passionnés de vivre tranquillement leur passe-temps.

Texte de la REPONSE :

L'honorable parlementaire a bien voulu appeler l'attention du ministre de la culture et de la communication sur l'utilisation des détecteurs de métaux et l'application de la loi n° 89-900 du 18 décembre 1989. Le dispositif mis en place par cette loi a pour but de contrôler l'usage de ce matériel lorsqu'il est utilisé à des fins archéologiques. L'appellation « recherche de loisir » n'a aucune signification juridique : elle est souvent employée par les adeptes de la « chasse aux trésors » pour éviter de se plier aux contraintes de la loi et dont les recherches intéressent à l'évidence le patrimoine archéologique. L'utilisation des détecteurs de métaux dans ce cadre dit « de loisir » a des effets très négatifs sur la connaissance et la conservation du patrimoine. En effet, d'une part, elle déconnecte les vestiges métalliques sortis de terre de leur contexte archéologique, le seul à même de permettre de comprendre leur signification, d'autre part, elle dégrade irrémédiablement la compréhension des sites eux-mêmes. Il n'est donc pas envisagé d'assouplissement de la loi précitée ni du décret n° 91-787 du 19 août 1991 : toute utilisation de détecteurs de métaux à des fins de recherche d'objets métalliques anciens reste soumise au contrôle des autorités en charge de la préservation du patrimoine archéologique et une demande d'autorisation de prospection doit préciser l'identité et les compétences de son auteur ainsi que la localisation, l'objectif scientifique et la durée des prospections à entreprendre.



Alors que faire ?


De ce constat, nous nous demandons quand est-il alors de l'utilisation de l'utilisation d'un détecteur à la plage, dans le cadre de la recherche d'un objet perdu par un vacancier par exemple, d'une recherche spécifique d'un objet déclaré perdu. De plus, les médias ne cessent de partager de chouettes aventures ou l'utilisation d'un détecteur de métaux sur les plages à permis à madame X ou monsieur Y de retrouver un ancien bijou, une, plaque d'identification d'un soldat... C'est donc une propagande à géométrie variable cette mise en avant bénéfique ou négative de l'utilisation d'un détecteur de métaux... Cela nous rappelle la nécessité d'aiguiser son esprit critique en recherchant les sources et en recoupant les informations. Car tout comme ce qui est en tête de Google, ce qui passe à la télévision n'est pas la vérité. Il est donc nécessaire de creuser (la question) sur ce qui est défini par "à des fins archéologiques", car si les détracteurs de l'utilisation d'un détecteur de métaux dans le cadre d'un loisir utilisent le plus souvent que ce n'est qu'une question de "bon sens" et que toute la France est un site archéologique potentiel, je leur répondrai qu'il n’y a pas encore pas si longtemps, c'était une question de bon sens de prétende que la terre est plate et immobile.

Le "bon sens" est un tueur d'analyses des faits, c'est l'intelligence de l'ignorant. Voilà pourquoi le bon sens souffrira toujours des mêmes infirmités chroniques que l'opinion, car le bon sens tout comme l'opinion sont le terreau ou la science a fini par pousser ! Un professionnel de l'histoire qui appellerait au "bon sens" est un professionnel qui nierait une grande partie de l'enseignement qui lui a été prodigué en vue d'acquérir avec rigueur un procédé d'analyse des faits et des preuves si utile dans le secteur dans lequel il évolue.


Aucune étude scientifique ni même marketing ne s'établit sur le "bon sens". Des données sont collectées avec un protocole strict établi en amont et c'est bien là où se situe le problème, car aucun cadre légal n'est mis en place pour prendre les déclarations des objets archéologiques trouvés fortuitement par un utilisateur de détecteur de métaux (comme c'est le cas avec succès en Belgique). Sans cette possibilité, tous les partages des personnes sincèrements bienveillantes sur les groupes et autres forums de partages entre passionnés sont donc assimilable comme étant du pillage et ce même si l'objet présenté résulte d'une balade dans un champ lors de recherche sans fin archéologique en famille ou entre amis.

De plus, cela empêche de connaitre véritablement le pourcentage de personnes motivées à la mise en place d'une collaboration. En sachant qu'en Belgique Francophone, nous dépassons déjà les 23% du total estimé de prospecteur actif qui sont désormais détenteurs du permis en quelques saisons avec plusieurs milliers d'objets déclarés, c'est pour dire comment la France se prive d'une manne importante d'information par cette prospection encadrée et donc potentiellement préventive. Il est triste de constater qu'une grande partie des détracteurs utilisent les éléments disponibles en ligne sur les groupes et autres forums sans y apporter le dégradé de nuances nécessaire. Un peu comme si le braquage de banque serait devenu un sport national et que les malfrats se mettraient à partager leurs plans et selfies en action pour le plaisir de leurs homologues restés connectés....


Rien qu'en Belgique, le nombre de scandales impliquant des musées, des professionnels de l'histoire, des bourses numismatiques et des détecteurs de métaux sont suffisamment nombreux pour remplir plusieurs "flashs spéciaux" en heure de grande audience... Les prospecteurs de la première heure, maintenant âgés, nous apportent bien des récits qui mériteraient une investigation! Peux être qu'une médiatisation des collections privées et autres "casseroles" permettrait de démontrer que la vérité, le respect et la bienveillance n'a pas de camp.


Depuis toujours, les deux camps s'affrontent sans parvenir à un accord.

Les professionnels appellent à la logique, au bon sens, les utilisateurs de détecteurs de métaux à la liberté et à la possibilité de déclarer sans risque de représailles le mobilier gris permettant enfin de différencier le prospecteur du pilleur et de permettre l'existence d'une définition de la prospection de loisir par la démonstration d'une pratique de bonne fois sur des terres de façon aléatoire et encadrée comme nous pouvons en bénéficier en Belgique.


Conclusion :


Wait and See !

Il faudra attendre pour en savoir plus sur l'avenir du loisir en France. Nous savons que la boutique du Fouilleur a demandé un droit de réponse du reportage de France 2 et nous serons très attentifs aux suites de cette demande. Nous ne manquerons pas de venir mettre à jour notre article dès qu'un des deux camps se manifestera.


Notre point de vue, notre ressenti personnel sur la situation :

Avec plus de 30 d'expérience et une collaboration positive avec le club Spera Belgium, nous sommes convaincu que la création de clubs de détection par région ou département qui serait épaulé et formé par les professionnels locaux dans le but de mettre à profit une remontée d'informations est une des seules solutions encore envisageables au vu du nombre trop important de détecteurs de métaux déjà vendu en France. En effet, une interdiction totale de la pratique du loisir ne changerait en rien l'augmentation ou la diminution du pillage des sites connus ou pas encore connus, car ils sont le fruit d'une minorité de pilleurs qui s'équipe d'un détecteur de métaux tout comme il pourrait s'équipe de matériels de fouille professionnelle et qui sont situé aussi bien dans le camp des professionnels que des passionnés. Le pilleur de site archéologique est au prospecteur, ce que le braconnier est au chasseur.

Pour les personnes qui désirent effectuer une demande auprès des autorités françaises, voici le lien pour la demande d'informations sur l'utilisation de matériel permettant la détection d'objet métallique.

Demande d'autorisation préfectorale pour l'utilisation d'un détecteur de métaux à des fins archéologies

Comment obtenir une autorisation préfectorale pour détecter ?
Comment obtenir une autorisation préfectorale pour détecter ?



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